Plus le temps passe et plus je crois au fait qu’on s’incarne ici avec de petites et de grandes missions.
Je suis également de plus en plus persuadée que certaines âmes sont amenées à vivre des expériences dans le but d’opérer une guérison de leur lignée familiale. Ceux qui sont venus avant nous nous transmettent de génération en génération tout un tas de trucs : des peurs, des peines, des traumas, mais aussi du courage et beaucoup d’amour.
L’histoire que je m’apprête à te raconter me semble parfois irréelle tellement les synchronicités qui la composent sont puissantes. Elle me donne de grands frissons chaque fois et une conviction profonde : certaines coïncidences sont trop fortes pour n’être dû qu’au hasard.


Café Lotus, avenue St-Simon, 1953 – Saint-Hyacinthe
Le Café Lotus est à l’époque un restaurant de mets chinois comptant également quelques tables de pool. À l’étage, une jeune femme travaille d’arrache pied pour son père. Le moindre que l’on puisse dire, c’est que le monde de la restauration lui en fait baver autant qu’il lui permet de gagner sa vie. Elle a 15 ans et elle chéri un rêve. Celui de déménager dans la grande ville de Montréal pour poursuivre un de ses plus grands souhaits : réaliser des études pour devenir designer de mode. Elle a ça en elle, elle le sait, elle le sens. Mais son père a d’autres plans pour elle… Ces études, il n’y croit pas. Ou plutôt, il ne veut pas y croire. Sa place, ce n’est pas de jouer les cartes de mode, c’est dans ce restaurant, auprès de sa famille. Elle aurait pu se battre et tout laisser derrière elle pour aller tenter sa chance, pour aller saisir son rêve… Mais la vie en a voulu autrement. Un jour, au Café Lotus, elle fait la rencontre d’un charmant jeune homme originaire de la ville. Leur grande histoire d’amour débute alors à cet étage, près des fenêtres donnant vu sur le marché central, dans les escaliers, dans l’ascenseur. Le genre d’histoire assez forte pour finalement arriver à l’arracher de ce quotidien qui l’éteint plus qu’il ne l’allume. Avec lui, elle aura deux beaux enfants qui lui donneront par la suite trois petits enfants. Cette vie de designer de mode avortée sera sans doute son plus grand regret, mais s’il avait fonctionné, la suite n’aurait peut-être jamais eu lieu…
La vie La vie Comptoir Santé, avenue St-Simon, 2018 – Saint-Hyacinthe
Août tire à sa fin, tout comme ma relation amoureuse des 5 dernières années. Je pousse la porte de ce petit resto de quartier que j’aime tant et je me prends une salade pour emporter. Il y a des rencontres et des discussions qui changent le cours d’une vie, celle qui suivra en fait partie. Le jeune homme qui se tient en face de moi m’offre de commencer à travailler dès que je peux. Deux semaines plus tard, je fais mon entrée dans ce restaurant qui deviendra mon lieu de travail des 7 années suivantes. Je tombe vite en amour avec à peu près tout de cet endroit. Je ne saurais l’expliquer autrement qu’en utilisant le mot magnétique : c’est simple, je m’y sens chez moi. Et puis un jour, quelques mois après avoir débuté mon travail dans ce resto, ma grand-maman vient manger. Elle me glisse soudainement une drôle de phrase : la porte à l’extérieur du restaurant, elle lui dit vaguement quelque chose. Après le repas, on sort dehors et elle est sous le choc. Cette porte et ces escaliers, elle en est presque certaine, ce sont ceux qui mènent à l’étage où son père a autrefois eu un restaurant. Drôle d’hasard, le jeune homme qui m’a engagé loue un appartement juste au dessus du La vie La vie. Cette scène, je m’en rappellerai toute ma vie : quand il lui a ouvert la porte de son appartement et qu’elle a réalisé qu’on se tenaient dans l’ancienne salle de pool du Café Lotus. Qu’à la fenêtre de ce qui aujourd’hui était sa chambre, elle avait tant de fois embrassée mon grand-papa. Incroyable. Que sans le savoir, la vie m’ai ramenée exactement à la case départ de sa vie à elle. En restauration,


La vie La vie, ça été une transition après mon mode de vie nomade des 5 années précédentes. Ça été ma porte d’entrée dans l’entreprenariat et dans la gestion d’un établissement de restauration. J’ai tellement appris de cet endroit. J’ai tellement rencontré des gens exceptionnels dans cet endroit. J’ai appris mes forces et mes faiblesses. J’ai appris à tester mes limites. Mais j’ai surtout appris que la nourriture végétale devait désormais faire partie de ma vie à tout prix.
Avoir un restaurant physique ? Avec mon amour pour la liberté, ça serait m’attacher à des chaînes que je ne veux pas. C’est avec cette prise de conscience qu’est née La Chef Nomade. Je me devais de trouver une façon de continuer à m’épanouir et explorer le monde tout en respectant mon désir d’un chemin non conventionnel, d’un mode de vie mi-nomade, mi-sédentaire.
J’ai toujours su que l’amour de la nourriture, ça faisait parti de mon ADN. En fait, je crois non seulement que c’est absolument le cas, mais je crois également que le destin de ma grand-mère et le mien sont intimement lié. Ça explique sans doute pourquoi on est si fusionnelles toutes les deux.
Mamie, je sais que tu me lis et je veux te remercier pour ce bagage incroyable que tu m’as transmise. Pour toi, je ne me contenterai jamais d’une vie qui n’est pas teintée du mot liberté. Pour toi, je poursuivrai mes rêves les plus fous, même s’ils ne font pas toujours parti de la voie la plus empruntée ni de la voie la plus facile. Pour toi, je bâtirai, une brique à la fois, une vie qui me rend profondément heureuse. Je t’aime d’un amour profond xxxx


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